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Réflexions

Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 20:00

Je voulais être mère depuis longtemps, je savais que ce rôle m'émerveillerait. Mais je ne savais pas que ce serait aussi éprouvant. Je ne regrette pas, loin de là, mais parfois je doute, je peine et je culpabilise.

 

Un jour où j'étais malade, j'ai demandé à mes amies mères sur Facebook comment elles faisaient, elles, pour s'occuper des enfants. Voici les mots qui sont le plus revenus : télé, DVD et pâtes. C'est ainsi que les minuscules et moi avons vécu quelques jours. En posant cette question, je cherchais surtout à déculpabiliser. Il est impossible d'être disponible et en forme tout le temps. Pourtant, on est mère... tout le temps. 

 

Je trouve de l'aide aussi dans les livres (pour cette raison, je suis ravie du développement des Vendredis Intellos). J'aime beaucoup la réflexion de Violaine Guéritault dans La Fatique émotionnelle et physique des mères.  

 

kit survie

Il y aurait beaucoup à dire sur ce livre. Aujourd'hui, je souhaite aborder la partie sur le fait qu'une mère ne connait pas de "pause". 

 

Quel être humain sensé accepterait un labeur qui requiert sa présence vingt-quatre heures sur vingt-quatre, 365 jours par an, dans des conditions de stress important où l'imprévisibilité des événements est constante, où la sensation de contrôle, le soutien psychologique, émotionnel et matériel, ainsi que la reconnaissance d'autrui sont rares ?

 

L'auteur fait un parallèle entre le stress au travail et celui des mères car il y a de nombreux points communs sauf qu'une mère ne peut ni prendre un congé, ni démissionner... Mais c'est ainsi, on ne peut pas changer ça. En revanche, on peut changer le regard que l'on porte sur les parents (les mères en particulier) et les aider. 

 

La société attend une performance exemplaire de la part des mères sans que leur soient accordées les ressources nécessaires pour répondre à cette attente. Si elles sont épuisées, débordées, ou chroniquement en retard, c'est forcément parce qu'elles sont complètement désorganisées. S'il leur arrive d'être agressives, colériques ou à bout de nerfs, c'est sans doute à cause de leur émotivité exacerbée et incontrôlée ou bien encore à cause d'un cas de syndrome prémenstruel aigu. Si finalement elles s'effondrent, c'est parce qu'elles souffrent de dépression due à une nature vulnérable et que les médicaments devraient soulager afin qu'elles retrouvent une productivité capable de satisfaire les besoins de tous ceux qui les entourent. 

 

Ne serait-il pas souhaitable de nous abstenir de "blâmer la victime" en ne considérant pas la dépression comme la cause de la détresse de beaucoup de mères, mais plutôt comme un symptôme, une conséquence d'un problème sous-jacent, peu reconnu et mal identifié parce qu'il remet en question un mythe culturel auquel il ne fait pas bon s'attaquer : le mythe de la mère parfaite.

 

En particulier, il est important d'écouter les mères et de ne pas les culpabiliser (les mères savent très bien se culpabiliser elles-mêmes, merci). 

 

Le stress engendré par l'aspect constant des tâches d'une mère peut l'amener à souhaiter se distancer de cette source de stress afin de pouvoir se ressourcer physiquement et émotionnellement. 

 

Ce désir d'échapper temporairement à leurs responsabilités est souvent vécu secrètement par les mères qui tendent à culpabiliser. Elles ont tendance à confondre leur besoin physique et émotionnel de se reposer et de se ressourcer avec ce qu'elles qualifient parfois de lâcheté et d'irresponsabilité envers leur devoir maternel. 

 

Une des solutions proposées est de prendre soin de soi, de trouver des activités pour soi uniquement. Une autre est celle dont je parlais au début et c'est ce que je trouve formidable dans la blogosphère des mamans en particulier. 

 

L'un des pires ennemis des mères victimes du stress engendré par leurs responsabilité maternelles est l'isolement, donc le manque de soutien émotionnel et social.

 

N'hésitez pas à aller à la rencontre d'autres mères et à engager un dialogue honnête sur votre vécu de maman. Echangez sur vos difficultés communes, vos doutes et vos émotions. Vous risquez d'être étonnée de voir combien il est rassurant pour elles de découvrir que vos expériences sont similaires. Vous vous sentez alors normale et moins seule, comprenant que votre problème n'est pas forcément le résultat de votre incapacité, mais vient de ce qu'être maman n'est un travail facile pour personne. La culpabilité va parfois jusqu'à disparaître complètement lors de ce type d'échanges.

 

Conseil ultime : 

 

N'ayez pas peur de demander de l'aide quand vous en avez besoin ! 

 

Je le fais mais j'ai toujours peur d'exagérer et c'est parfois une autre source de culpabilité. Il m'arrive de préférer rester seule que de demander encore et encore de l'aide.

 

Je vous recommande cet ouvrage parce qu'il explique très bien ce phénomène d'épuisement maternel et apporte de vraies réponses. Et le constat n'est pas pessimiste, au contraire.

 

C'est seulement lorsqu'on commence à reconnaître, à comprendre la réalité du vécu des mères et de leur stress (et à lui répondre), que la dimension magique de la maternité peut véritablement s'exprimer. C'est alors que nous pouvons voir comment les aspects positifs de notre vie de mère l'emportent mille fois sur les aspects négatifs. 

Peut-être même encore plus...

 

macaron (2)

 

      Avez-vous remarqué le nouveau look des Vendredis Intellos ? C'est le travail de Mère Courage

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Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 07:00

J'aime beaucoup Noël. D'abord parce que c'est une très belle fête religieuse. Et puis, j'aime les cadeaux : trouver de bonnes idées, les acheter, les offrir et les recevoir. J'apprécie aussi l'ambiance, les décorations, les dîners en famille. 

 

Mais je trouve qu'on en fait trop : trop de lumières dans les rues, trop de cadeaux sous les sapins, trop de choses à manger, trop de publicités, trop de listes au père Noël...  Je ne vais pas cracher sur notre pauvre société de consommation, du mal, etc. Ce serait malvenu car j'y participe autant que les autres. Mais cette année, je ferais bien quelques petits gestes pour être un peu plus en accord avec mes valeurs :

 

  • Moins de cadeaux 

Cette année, dans ma famille, on a décidé de ne faire des cadeaux qu'aux enfants et de les limiter. L'année dernière, ils en avaient chacun une montagne et ça ne les intéressait même pas tellement. 

 

  • De petites boutiques

J'ai décidé de privilégier de petites enseignes comme Les Babioles de Max pour mon filleul, Coccinelle Boutique pour mes minuscules, par exemple. Je pense aussi aux boutiques de créatrices, voici mes préférées du moment : Ouchka, Lily Pois Plume ou encore Croissant de Lune

 

  • Plus de dons

Si on a trop de jouets, c'est le moment d'en donner. Je pense particulièrement à l'association Je donne mes jouets. C'est le moment d'envoyer des cartes postales en achetant celles vendues par les associations, à leur profit. 

 

Ce n'est pas grand-chose mais je me sens un peu mieux en faisant ça. Je n'ai rien inventé et d'autres le font bien mieux... Mais voilà, c'est ma petite pierre. 

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Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 18:35

Oui, j'étais joyeuse et heureuse avant d'avoir des enfants. Oui, je connaissais la valeur de la vie. Mais avec eux, j'ai (re)découvert l'innocence, la joie pure, l'émerveillement. J'apprends à profiter de l'instant, à me réjouir d'un rien, à vivre plus simplement. 

 

Je râle souvent, je m'énerve, je crie parfois mais je ne peux plus vivre sans eux, sans la joie qui brille dans leurs yeux, sans la lumière de leur pureté qui éclaire mon quotidien. J'aime la bonté qui se dégage de leurs sourires, leur sponaéité et leur incroyable énergie. J'aime les regarder vivre. Ils sont ma joie. 

 

Souvent dans la rue, les passants regardent mes enfants et sourient, ça me fait toujours chaud au coeur. Nous nous lançons un regard complice et il me semble qu'à ce moment-là la vie est plus légère. Quand je suis seule, ce sont les enfants des autres qui me font sourire. 

 

Pour ce nouveau vendredi intello, j'avais envie de me poser, d'arrêter de réfléchir un instant et de m'émerveiller. Parce qu'être parent, c'est ça aussi. 

 

La semaine dernière, Kiara a cité Victor Hugo. Elle m'a donné envie de me replonger dans ses écrits. Comme il s'exprime beaucoup mieux que moi, je vous laisse avec quelques extraits de deux poèmes : "Lorsque l'enfant paraît" (Les Feuilles d'automne, 1831) et "L'enfant" (Toute la lyre, 1888 et 1893). 

 

 

Dans ce naïf regard que l'ignorance égaie,

L'étonnement avec la grâce se confond,

Et l'immense lueur étoilée est au fond.

 

On dirait, tant l'enfance a le reflet du temple,

Que la lumière, chose étrange, nous contemple ;

Toute la profondeur du ciel est dans cet oeil.

Dans cette pureté sans trouble et sans orgueil

Se révèle on ne sait quelle auguste présence ;

Et la vertu ne craint qu'un juge : l'innocence.

 

 ***** 

 

Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille

Applaudit à grands cris.

Son doux regard qui brille

Fait briller tous les yeux,

Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,

Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,

Innocent et joyeux.

(…)

Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,

Car vos petites mains, joyeuses et bénies,

N'ont point mal fait encor ;

Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange.

(…)

Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,

Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,

Ses pleurs vite apaisés,

Laissant errer sa vue étonnée et ravie,

Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie

Et sa bouche aux baisers !

 

Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,

Frères, parents, amis, et mes ennemis même

Dans le mal triomphants,

De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles,

La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,

La maison sans enfants !

 

bébé lit final

Pour retrouver toutes les participations aux Vendredis Intellos, cliquez sur l'image.

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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 11:50

bébé lit final

Ceci est un mini-débriefing du dernier Vendredi Intello.

 

Un jour, alors que je racontais ma vie de mère au foyer, une amie (d'une cinquantaine d'années) m'a dit : "C'est plus difficile pour vous aujourd'hui. A mon époque, nous étions plus nombreuses et on allait souvent chez les unes et les autres". C'est vrai que j'aimerais pouvoir visiter d'autres amies dans le même cas... mais elles sont rares. Cela me fait penser à ce que je sais (pas grand-chose donc) des sociétés africaines par exemple où toute la communauté élève les enfants, où la mère ne se retrouve jamais seule. Je ne dis pas que l'herbe est plus verte à côté, je réfléchis simplement à ce phénomène, à la différence qui existe entre nos cultures et pourquoi.

 

Grâce à Mme Déjantée, j'ai lu un extrait de l'essai d'Alison Gopnik Le bébé philosophe dans lequel elle aborde ce phénomène :

 

Durant l'essentiel de l'histoire de l'humanité, le soin des enfants n'a pas été le fait des seules mères, ou des seuls parents, mais aussi des grands-parents, des frères et des soeurs plus âgés, des tantes, des cousins, des amis - de la communauté dans son ensemble. Les sociétés occidentales contemporaines sont inhabituelles en ce que les soins des enfants est confié à très peu de monde.

 

Je suis assez frappée de voir que dans notre société on parle beaucoup de "maternité", du rôle de la mère. Le poids est lourd sur ses épaules et en même temps, elle semble mise sur un piédestal. Or, pour faire un enfant, il faut être deux. Alors, où est le père ? Je caricature volontairement mais parfois, c'est le sentiment que j'ai (peut-être que je lis trop de blogs de mamans...). Je ne dis pas que les pères ne font rien (d'ailleurs, autour de moi, je n'ai que des exemples du contraire), je veux parler de l'image que celui-ci a dans notre société. Par exemple, quand les mères sortent, elles disent souvent "c'est mon mari qui garde les enfants". Personnellement, je n'aime pas cette expression car elle ramène le père au rang de simple babysitter. Alors qu'il est bien plus que ça. Comme le rapporte Home Sweet Môme dans son billet "La solution viendrait du père", ce dernier doit être présent même si la mère allaite, en particulier la nuit : c'est lui qui peut mettre une distance saine entre la mère et l'enfant en particulier pour sevrer le bébé la nuit. 

 

Nous parlions d'une communauté plus large. On peut penser en premier lieu aux grands-parents. Leur présence est très souvent précieuse (s'ils vont dans le même sens que les parents, bien entendu) mais la plupart travaillent aussi... Ils représentent l'histoire familiale, ils ont quelque chose à apporter car ils ne sont pas éducateurs en premier lieu. Leur amour peut aider l'enfant à se construire, le guider. Kiara nous le prouve grâce aux extraits de L'art d'être grand-père de Victor Hugo. Cet exemple est très beau parce que l'écrivain a dû remplacer les parents décédés de ses petits-enfants, il était donc grand-père et père à la fois et son témoignage est magnifique. Vous pouvez en lire quelques extraits ici

 

 

Il n'y a pas que la mère, il n'y a pas que le père non plus. L'enfant est entouré d'une communauté qui participe à son éducation, son développement, sa construction. C'est quand même rassurant de se dire qu'on n'est pas seul. Kiki the mum, à travers sa lecture de Comment aimer un enfant de Janus Korczak, nous rappelle que notre enfant n'est pas "à nous", c'est, je la cite, "une vie qui nous traverse". J'ai d'ailleurs envie de finir ce débriefing avec la citation qui termine son billet :

 

Prends la peine de chercher dans cet enfant qui est et n'est pas à toi cette parcelle endormie qui fait son identité. Peut-être sauras-tu la trouver, peut-être sauras-tu la développer.

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